Christophe · Les hommes de Siobhan · Angélique Malakh

Portrait à venir
Les hommes de Siobhan

Christophe

Tigre‑garou Élémentaire

« Nous sommes destinés l’un à l’autre depuis avant nos naissances. »

Extrait · Tome 2

— Nous étions prédestinés à vivre une union plus unique que celle des autres, ajoutai‑je en posant ma main sur son bras. Pourquoi ne m’en as‑tu pas parlé dès le départ ?
— Les Élémentaires sont préparées depuis leur plus jeune âge… je n’ai pas imaginé une seconde que tu ne le serais pas.
— Pourquoi doit‑on les préparer ? demandai‑je, curieuse.
Il se racla la gorge.
— La matérialisation de l’union peut être violente, très violente.
— Je n’en ai pas ce souvenir, avouai‑je.
— C’est normal. L’union d’un méta et d’une sorcière est rude à tous les niveaux pour elle et encore plus avec ceux de ma lignée.
— Pourquoi ?
— La matérialisation se fait en plusieurs temps. D’abord, le duo forme un cercle en nouant leurs mains. C’est ce qui lance la deuxième phase. Leur magie se découvre, se goûte puis se teste dans un troisième temps. C’est là que les choses sérieuses démarrent. Si la magie de la sorcière n’est pas assez solide pour contenir la bête de son méta, cette dernière ne la considère plus comme son égale et le méta se transforme avant de manger la sorcière, comme je te l’ai dit rapidement.
— C’est dégueu !
— C’est surtout injuste pour les sorcières. C’est une forme de sélection naturelle pour une création d’union qualitative.
— Mais du coup, plein de métamorphes ont perdu la tête ?
— Non, car en absorbant leur sorcière, ils absorbent sa magie, qui comble l’espace vacant depuis leur naissance.
— Tu m’as touchée sans même me préparer ou me demander si j’étais d’accord au risque de me bouffer ! m’étranglai‑je en me redressant.
— Comment je pouvais savoir que tu ignorais ton histoire et nos fonctionnements ? se défendit‑il.
— En discutant avec moi avant, bon sang d’Odin !
— On nous éduque pour ne pas le faire.
— Pourquoi ? pestai‑je, les bras croisés.
— La matérialisation est assez rude à tous les niveaux pour ne pas en plus manger une personne que l’on a appris à connaître et qu’on a appréciée…
— Quand même ! C’est sacrément tordu, comme manière de faire.
— C’est surtout incontrôlable.
— Je n’en reviens pas que j’aurais pu finir bouffée par un méta, bredouillai‑je en dodelinant de la tête.
— Il n’y avait aucun risque, je te garantis !
— Comment tu peux en être aussi sûr ?
— Tu es tellement puissante que tu n’as pas que contrôlé ma bête, tu l’as obligée à s’extraire pour la soumettre !
— Ce n’est pas ce qui se produit dans les cas où la sorcière ne finit pas en casse‑croûte pour le méta ?
— Non ! Après la confrontation, si la bête du méta estime la magie de la sorcière suffisamment forte pour elle, c’est son animalité qui solidifie l’union. Les unions sont gérées plus ou moins par le métamorphe Élémentaire, non par la sorcière. Elle profite de tous les avantages de la source magique de l’union, mais c’est le méta qui en est le gardien et le détenteur incarné.
— C’est quand même cher payé !
— Je te l’accorde, mais aucun Élémentaire ne peut s’y soustraire.