Une prédiction pour Dylonis · Siobhan, Fille d’Odin · Angélique Malakh

Couverture de Une prédiction pour Dylonis, saga Siobhan, Fille d'Odin
Saga Siobhan · Les dragonniers de Derweid · Novella

Une prédiction pour Dylonis

Il est né pour la canaliser. Elle, pour l’embraser.
Novella · Romance paranormale · Multivers

« Il est né pour la canaliser. Elle, pour l’embraser. »

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Quatrième de couverture

L’histoire

Il est né pour la canaliser. Elle, pour l’embraser.

Depuis plusieurs nuits, une sorcière le hante. Il ne connaît ni le nom ni le visage, mais son essence l’appelle chaque nuit. Dylonis Silver, Maître dragonnier et métamorphe Élémentaire, sait qu’elle existe. Comment cette présence invisible éveille en lui des pouvoirs dont il ignorait l’existence ?

Quand il brave les interdits pour consulter les Oracles de l’Oasis, le sanctuaire s’effondre sous la violence de leur connexion. Il n’est plus question de doute : cette femme qu’il n’a jamais touchée est liée à lui d’une manière que même la Déesse semble redouter.

Dès lors, un seul choix s’impose à lui. Suivre l’appel de l’union ou continuer de croire que sa loyauté vaut plus que la vérité, quitte à bouleverser les mondes.

Pour apprécier cette nouvelle ainsi que son bonus, il est préférable d’avoir lu le tome 6 de la saga. Attention : spoilers à l’intérieur. La version papier et l’ebook vendu sur la boutique contiennent 4 illustrations.

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Un avant-goût

Extrait

Extrait

Le sanctuaire des Oracles n’était plus qu’une plaie ouverte aux entrailles exposées. Des fissures béantes parcouraient le plafond. Des blocs de pierre s’étaient détachés et gisaient au sol en un témoignage muet de la puissance de notre expérience. Mes poumons brûlaient, mon corps entier était courbaturé, comme si chaque cellule avait été soumise à une pression insoutenable. L’Oracle demeurait immobile. Son corps puissant était rigide, ses muscles tendus sous sa robe. Elle fixait le vide devant elle, les pupilles dilatées, ses traits tirés. Elle oscillait tel un arbre ployant sous une bourrasque invisible.
— La rupture… chuchota‑t‑elle, d’une voix caverneuse. L’équilibre brisé. Une flamme, la flamme de Derweid… elle s’unit en ce moment même à ton essence. Une danse du chaos, de l’ordre. L’un sans l’autre impossible. La vie appelle la mort. La mort révèle la vie. Des flammes naîtra le chaos rédempteur ou dévastateur.
Sa prédiction manquait de clarté, mais le poids de ces mots m’écrasa. Des images fulgurantes traversèrent mon esprit : des étendues brûlées, des cieux déchirés, et au milieu, une silhouette féminine, auréolée d’un feu indomptable. Une force qui résonnait avec la mienne, amplifiée et distordue. Cette sorcière n’était pas un danger, elle incarnait le chaos et moi, son catalyseur. L’Oracle haleta tandis qu’une secousse traversa mon corps.
— Le lien trop intense. Deux tombées… le prix de votre connexion. Une nouvelle ère arrive sanglante et meurtrière. Des prophéties nouvelles. Les anciennes brisées. Le chaos s’est révélé. Il est en marche…
Sa tête retomba sur sa poitrine, son corps s’affaissa légèrement, mais elle se reprit, un souffle sifflant entre ses lèvres. Ses yeux ambrés se posèrent enfin sur le corps inerte de ses sœurs qui gisaient au sol, leurs visages marqués par l’épuisement. Son regard, d’abord voilé, devint tranchant. Ses paupières se plissèrent. Elle revint totalement à elle et sa voix devint un rugissement :
— Par les cieux et la terre de la Déesse ! Regarde ce que tu as fait, Dylonis !
Elle désigna de son index tremblant les Oracles inconscientes.
— Mes sœurs ! Le cœur du sanctuaire ! La roche primordiale ! Jamais un rituel n’avait engendré une telle dévastation ! Tu as invoqué et déchaîné une force que tu ne maîtrises pas. Sans en connaître la portée ! Qui es‑tu pour briser ainsi nos fondations ?
Ses yeux ambrés brûlaient de fureur. Chaque mot était un reproche, un coup direct. Des gouttes de sueur perlèrent sur mon front. La culpabilité me rongeait. J’avais cherché la vérité, mais je n’avais semé que la destruction.
— Le pouvoir de celle qui t’est destinée, jeune métamorphe, combiné au tien est une force que le monde n’est pas prêt à contenir
Un nouveau grondement de la montagne fit vibrer le sol du sanctuaire. Un bruit de pas lourds entrecoupé d’un son aigu résonnait dans le corridor de pierre. L’Oracle se figea, son attention se porta vers l’entrée éventrée du sanctuaire. La silhouette voûtée de Magnus apparut dans l’ouverture, avec sa canne. Ses cheveux gris, tressés sur le côté, tombaient sur ses épaules puissantes. Son visage buriné, marqué par les trois cicatrices anciennes sur la joue gauche était déformé par la colère. D’un regard, il balaya l’ampleur des dégâts avant de s’attarder un instant sur les corps inertes des Oracles, puis il se posa sur moi avec une intensité glaçante. Sa voix, habituellement calme, était un grondement enragé.
— Dylonis, mais qu’as‑tu fait ?