Corbeau
« Je croyais que le temps panserait mes blessures. J’ai eu tort. »
— De toute manière, je ne crois que ce que je vois. Je réitère ma question, que me voulez‑vous ?
— Il paraît que tu es herboriste, alors je viens acheter une tisane ! proclama‑t‑il d’un ton assuré.
— Laissez‑moi rire !
— Je suis très sérieux ! insista‑t‑il.
— Pour quoi faire ?
— Je suis parti du mauvais pied avec une jeune femme. Nous nous sommes mal compris et je désire restaurer une base saine. Puisque tu persistes à me vouvoyer, (Il me défia du regard.) pourriez‑vous, m’orienter vers une de vos préparations pour apaiser nos tensions, par exemple ? À moins que vous ayez jovialité, ça lui irait comme un gant !
— On ne sera jamais assez intimes pour nous tutoyer, et la boutique n’est pas encore ouverte, rétorquai‑je.
— Quand tu as transpercé mon cœur et que mon sang s’est répandu sur ta main, nous avons franchi une ligne dans l’intimité entre deux personnes ! Je pense avoir gagné le droit de te tutoyer, gamine. Au fait, tu tentes toujours de tuer les gens que tu rencontres ? murmura‑t‑il en approchant son buste.
— Jusqu’à présent, personne n’avait envisagé de me bouffer ! me braquai‑je, mal à l’aise.
