Joseph · Les hommes de Siobhan · Angélique Malakh

Joseph
Les hommes de Siobhan

Joseph

Roi des vampires d’Europe de l’Ouest

« Tu t’es trompée, c’est : oui, mon roi ! »

Extrait · Tome 3

— Eh, ma petite ?
— Arrête de m’appeler ainsi. Entre le « gamine » de Corbeau et toi, j’ai impression que vous me voyez au bac à sable.
— Tu l’es pour nous. Mais passons…
— Alors, quoi ?
— Je suis heureux de te connaître, avoua-t-il.
— Tu es sûr que ça va ? m’inquiétai-je en m’approchant de lui.
— File rejoindre tes hommes ! Et pense à te reposer, car tu reprends tes entraînements dès demain.
— Oui, chef ! articulai-je, en faisant un salut militaire.
— Tu t’es trompée, c’est : oui, mon roi !
— Ça fait toujours du bien de rêver ! me moquai-je, ma main sur la poignée.
— Tu es insupportable…
— Toujours aussi heureux de me connaître ? éclatai-je de rire, en fermant la porte.
— Plutôt deux fois qu’une ! Bienvenue chez toi, ma petite, l’entendis-je, dans un murmure.

Extrait · Tome 2

— Le spectacle vous plaît ? me demanda une voix accentuée dans mon dos.
— Tant que je ne suis pas obligée d’y participer, ça ne me pose pas de problème, rétorquai-je au roi.
— Vous m’accordez un instant ? dit-il en posant sa main sur mes reins.
— De quel ordre ? S’ils vous inspirent, vous frappez à la mauvaise porte.
Il pouffa.
— Je comprends mieux Corbeau. Vous êtes ingérable… pire qu’une bombe à retardement.
— Moi qui croyais qu’il aurait brossé mon portait sous mon meilleur profil ! ironisai-je en faisant quelques pas, la main du roi toujours sur la fine dentelle transparente.
— Vous êtes rafraîchissante, Marion.
— Vous savez parfaitement que je me nomme Siobhan.
— Maintenant que vous me le rappelez, ça me dit quelque chose, s’arrêta le roi en caressant sa moustache entretenue et fine.
— Si vous le dites. De quoi vouliez-vous me parler ?
— Il paraît que vous êtes venue seule ?
— C’est étonnant. Je ne m’estime pas seule, j’ai un corbeau et un gardien qui veillent sur ma sécurité.
Il rit en secouant la tête et se positionna face à moi.
— Je considère Corbeau comme mon frère et donc Alexander fait partie de ma famille. Je souhaite simplement que vous compreniez quels sont les enjeux de vos différentes combinaisons de pas de danse.
— Est-ce une menace ?
— Je ne suis pas fou. Je ne perdrais pas mon temps ni ne prendrais le risque de prévenir une femme telle que vous si j’envisageais de la détruire.
— Je suppose que votre clairvoyance a dû vous être bénéfique plus d’une fois.
— On ne devient pas roi en étant sous le coup de ses émotions…
— Vous vous inquiétez pour Corbeau ?
— Comme je viens de vous l’expliquer, vous avez un effet inhabituel sur l’un des hommes que je n’ai jamais vu flancher au cours des siècles. D’autant plus qu’il m’a fait une requête des plus surprenantes.
— Vous savez attiser la curiosité.
— Je maîtrise bien d’autres talents, Siobhan, appuya-t-il avec un demi-sourire qui souleva sa moustache.
Elle était rigolote. Ni trop épaisse ni trop fine, elle était effilée pour parfaire les traits virils du monarque. Sa peau était moins basanée que celle de Corbeau, mais plutôt foncée pour un vampire. Il avait une cicatrice qui courait d’une oreille à l’autre et formait un petit collier de peau.
— Égorgé.
— Pardon ? répondis-je.
— Je vois que vous fixez mon cou. On m’a égorgé ainsi que ma femme et mes enfants pour nous voler en pleine nuit.
— Je suis navrée.
— Vous n’avez pas de quoi, vous ne les connaissiez pas et vous n’y êtes pour rien, énonça-t-il, les mains dans ses poches de pantalon en reprenant sa marche.
— C’était par politesse…
— Ne vous encombrez pas avec ça. Je déteste les lèche-culs et les courbettes.
— Vous auriez dû commencer par ça, accentuai-je, mes sourcils arqués. Si vous en veniez au but de cet échange.
— Je veux que vous quittiez ce district et que vous ne reveniez plus dans la vie de Corbeau et d’Alexander.
Je m’arrêtai et lui fis face.
— Vous serez ravi d’apprendre que je pars dès demain, par contre, en ce qui concerne Alexander et Corbeau, ce n’est pas à vous de décider.
— Détrompez-vous. Je suis leur roi. J’ai un droit de vie et de mort sur chacun de mes sujets…
— Je croyais que vous les considériez comme votre famille ? articulai-je en le défiant du regard. C’est une manière singulière de manifester votre amour !
— Je connais les femmes comme vous. Vous allez les détruire !
— Vous ne connaissez sûrement personne comme moi. Ce n’est pas parce que vous avez rencontré une de mes sœurs que nous sommes toutes semblables. Je n’ai aucune intention de les faire souffrir, bien au contraire. Je ne les ai jamais forcés en quoi que ce soit. S’ils désirent partir avec moi, je les garderai avec joie dans ma vie. Dans tous les cas, qu’ils restent ou qu’ils partent, cela ne vous concerne pas. Si vous envisagez d’user de votre position pour leur porter préjudice, vous me trouverez sur votre route. Vous avez ma parole… de danseuse !
Il se racla la gorge, la mâchoire contractée, ses yeux s’assombrirent encore.
— Vous me menacez ? s’insurgea-t-il.
Sa garde fut à ses côtés en une seconde. Bon sang d’Odin, ils étaient rapides, ceux-là !
— Je ne suis pas folle. Je ne perdrais pas mon temps ni ne prendrais le risque de prévenir un homme tel que vous si j’envisageais de vous détruire…
— Un problème ? s’enquit le garde en posant une main sur l’épaule du roi.
— Nous parlions danse, Grégaury, mais il semblerait que notre échange soit terminé.
— Je le crois aussi, roi Joseph. J’espère que nous n’aurons pas à nous recroiser.

Joseph et son frère Médéril
Joseph et son frère Médéril