Tobhyas
« Je n’existe que pour te chérir, mon intrépide guerrière. »
— Nous serons de nouveau réunis, je t’en fais la promesse, guerrière. Finalement, mon état nous offre une chance inestimable de gagner la guerre.
— Tu y crois vraiment ? Ce n’est pas parce que dans la réalité alternative que je viens de visiter elle se profile, qu’elle existera aussi dans notre futur.
— Elle s’est révélée à moi. Je le regrette autant que les Intraterrestres, mais elle aura lieu. C’est inéluctable.
— Quand ?
— Je ne connais pas encore la date, mais il y aura beaucoup de pertes des deux côtés. Dès que j’en verrai plus, je trouverai un moyen de t’en informer.
— J’ai foi en toi et tes prémonitions, mage.
— Elles ne nous ont jamais fait défaut.
Il décala mes cheveux pour déposer un baiser sur ma tempe.
— En effet. Au fait, tu n’aurais pas une idée de pourquoi la magie de Derweid a marqué Chris et moi avec des arabesques angéliques ?
Il éclata de rire.
— Quoi ?
— Tu fais preuve d’une clairvoyance incroyable pour tout ce qui ne te concerne pas directement. Nous t’avons montré cette distorsion afin que tu intègres les informations qui t’ont été révélées. Même si notre existence et celui des personnes que tu as rencontrées diffèreront sur certains aspects, les nœuds quantiques généraux restent inéluctables. Néphtali sera toujours un ange, tout comme ton géniteur, guerrière.
Je le devisageai, en froncant les sourcils.
— Ton père est un ange puissant, Sio. Ça ne changera pas. Son sang coule dans tes veines, tout comme sa magie. Je pense avoir compris en partie le sens de ton sceau personnel de sorcière. L’astre qui relie les autres, c’est toi. Tu es le lien qui unit les planètes de Grianan.
À mon tour, je m’esclaffai par cette absurdité.
— Bon sang d’Odin, c’est n’importe quoi !
— Prends du recul, objectivement. Chaque planète est reliée à un soleil.
— Justement Grianan en possède deux.
— Sauf si on considère que cette réalité n’est qu’une illusion d’optique pour masquer un soleil central qui serait divisé avant de se réunifier.
— Tu vas trop loin.
— Pas tant que ça, mon amour, si on met tes dons, tes origines et l’accomplissement exponentiel de tes capacités dans la balance. Tu es une déesse, mon intrépide guerrière.
— Bon sang d’Odin, l’astral te fait perdre la tête !
— Nous verrons bien qui de nous deux a raison.
