Nouvel air
« Quand je vous disais que le destin et moi, nous n’étions pas sur la même longueur d’ondes ! »
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L’histoire
Comment pardonner l’impardonnable ?
Je n’aurais jamais imaginé qu’un métamorphe Élémentaire, d’autant plus un alpha, en viendrait à se prosterner. OK, pas devant n’importe qui, non plus. Devant deux Filles d’Odin en train de digérer leur déconditionnement.
Personne n’aurait pu prévoir l’impact sur nos vies, de ce séjour dans une cabane perdue au milieu des arbres. Et dire que j’avais cru revenir au palais de Joseph dans le même état qu’à mon départ…
Quand je vous disais que le destin et moi, nous n’étions pas sur la même longueur d’ondes !
Cette saga est une romance paranormale de type harem inversé dans un multivers.
Vous avez votre plateforme habituelle ? Le livre y est aussi.
Extraits
Mon tigre se révélait d’une acuité et d’une intransigeance inédites. Plus que tous les deux dans l’union, il s’en donna à cœur joie.
— Je me fous de tes peurs, Chris. Elle a besoin de nous et moi, j’ai besoin d’elle. Soit, tu la rejoins, soit tu ne nous seras plus d’aucune utilité. Tu as quarante‑huit heures avant que je t’absorbe pour toujours dans l’union et que je franchisse un portail, quelles qu’en soient les conséquences. Toi aussi, tu as goûté son désespoir. Notre devoir et l’appel de mon cœur sont de la secourir avant qu’elle sombre définitivement dans ses ténèbres. N’as‑tu pas déjà senti une souffrance aussi viscérale ?
— Si, soupirai‑je, blessé de me faire remonter les bretelles par mon tigre.
— Magnus avait raison. Nous avons plus de points communs avec elle que nous le croyions en rentrant d’Aveyron.
— Je m’en rends compte. Mais un détail m’interpelle, comment peux‑tu…
— Être capable de m’exprimer ? Notre source magique a libéré ma conscience.
— Donc, nous possédons bien notre autonomie.
— Quand tu as laissé mourir Siobhan, et qu’elle t’a hurlé de fuir devant le groupuscule, elle a projeté métaphysiquement l’union vers nous. Elle savait qu’elle périssait et son dernier acte à notre égard a été d’essayer de nous accorder un sursis. Tu ne l’avais pas senti ?
— Non. J’étais trop concentré sur le combat face à ses sœurs.
— Elles ne le sont pas ! grogna‑t‑il.
— Finalement, je préférais quand tu ne pouvais émettre que des bribes de pensées, me moquai‑je.
— Au contraire, tu as besoin qu’on te secoue et te montre où se trouvent tes priorités. Magnus a débroussaillé le passage. Je ne t’accorderai aucun répit tant que tu te montreras indigne de notre union et de Siobhan. La Déesse nous a liés à une sorcière exceptionnelle, il y a forcément un but. Je suis un alpha puissant, comme aucun avant moi. Depuis l’infusion de la magie de Derweid, notre organisme mute encore. Je sais quel est le sens de mon existence. Et toi, Chris ? Vas‑tu continuer à te cacher chez les dragonniers et laisser les terrestres chérir notre âme sœur ?
Je restais stoïque, sous le choc de son intervention. Il s’ébroua.
— Réfléchis‑y ! Je t’accorde deux jours pour prendre ta décision. Prions la Déesse qu’elle aille dans mon sens ou nous nous ferons nos adieux.
— Tu me rejetterais vraiment ?
— Non. Tu nous abandonneras, c’est différent. Nos existences sont intrinsèquement reliées et s’autoalimentent. Je refuse que tu nous parasites. Je ne prendrai plus le risque de perdre notre âme sœur à cause de tes craintes, même si j’en partage. Notre place sera toujours à ses côtés ! Je veux vivre près d’elle. J’en ai besoin comme de respirer, de boire et de chasser. Je veux sentir son corps sur moi et non plus que son empreinte. Je veux qu’elle me reconnaisse comme sien. Je la veux elle. Siobhan est mienne. Je la revendiquerai avec ou sans toi. Ton futur est entre tes mains, conclut‑il avant de me repousser de l’union.
Chris m’embrassa tendrement. Sa large paume se posa sur ma cuisse gauche. Il ne la retira que pour changer les vitesses. Nos doigts entrelacés, nous parcourûmes le chemin du retour dans un silence monacal. Il n’était pas pesant. Nous étions simplement à la bonne place. Il n’y avait rien à rajouter, ni à expliquer ni de vides à combler. Chris, Halytia et moi avions quitté notre cocon ressourçant, enrichi notre trio par les nombreux moments de complicité et de rires que nous avions partagés. Nous avions apaisé nombreux de nos démons, chacun à notre niveau. Nous étions libérés.
Halytia tomba sur mon épaule dans un profond ronflement qui nous fit sursauter. Avec Chris, nous rîmes discrètement afin de ne pas la réveiller. Malgré nos anciennes blessures respectives, ces quelques semaines passées ensemble nous avaient permis une renaissance individuelle et collective. Nous avions dépassé nos peurs et nos préjugés. En chemin vers nos foyers respectifs, nous rentrions plus puissants qu’à notre départ. Plus forts métaphysiquement et surtout solides émotionnellement.





